Le pont de pierre de Beaumont,

antique et vénérable, est composé de 5 arches et, comme tous les ponts du Moyen âge, il est tortueux et étroit. Autrefois les ponts en pierre, et même en bois, étaient fort rares. La plupart du temps on se contentait de mettre des planches sur des levée, prés des gués des rivières. Les piétons passaient sur les dites planches et les voitures (à chevaux) dans l'eau qui n'était jamais profonde. Nous en avons un exemple à Beaumont, au-dessous du grand pont, où se trouve un gué qui pendant tout le Moyen-ége et jusqu'au XX iéme siècle a été fréquenté par les voitures qui suivaient la route du Mans à Alençon. Or il y avait également des planches, placées sur des pierres, qui servaient de pont pour les piétons . Il en est question dans plusieurs actes remontant à l'an 1500. Ce gué, d'ailleurs, a permis aux armées de Libération, en 1944, de traverser la Sarthe avec le matériel et leur ravitaillement, après la mise hors service de nos ponts.
Lorsque les Vicomtes de Beaumont construisirent au X ième siècle, la forteresse dont la base existe encore, ils avaient surtout en vue de défendre le passage de ce gué. Ce point fortifié, ils construisirent, pour la commodité des habitants, le pont qui existe encore aujourd'hui.
Il est difficile de déterminer l'époque exacte où il fut construit. Les archives de Beaumont nous disent qu'il fut réparé à plusieurs reprises et notamment en 1399. Quelques auteurs ont cru voir là, la date de la construction, il n'en est rien, car en 1393 nous trouvons déjà trace de son existence dans un compte des receveurs du domaine de Beaumont.
Depuis cette époque jusqu'à nos jours, peu de documents nous renseignent sur le pont de pierre, si ce n'est qu'à toutes les époques il fut reconnu comme insuffisant à cause de son peu de largeur et surtout de son aboutissement dans la ville par une rue tortueuse et tellement difficile à gravir que les voitures chargées lourdement étaient obligées de s'alléger ou de faire un grand détour.
Déjà, lors de l'établissement de la route du Mans à Alençon, commencée en 1750 et finie en 1780, il avait été fortement question de bâtir un nouveau pont mais on avait reculé devant la dépense.
Ensuite, une délibération municipale du 27 septembre 1778 nous précise " comme il se trouvait beaucoup de pavés à vendre provenant de dessus des ponts, de cette ville, et qu'ils appartenaient aux entrepreneurs des ponts et chaussées, qui travaillaient au rétablissement d'iceux et les pavaient à neuf, il a été arrêté que l'on achèterait ce pavé pour subvenir aux réparations des rues de la ville ". Car, alors, les ponts étaient pavés comme les rues de nos villes, et il fallait, de temps en temps, remplacer les pavés usés par des pavés mieux taillés et moins pointus.

Il en fut ainsi jusqu'en 1882. Dans sa séance du 6 Février 1882, le Conseil est informé par son Président du mauvais état de viabilité du vieux pont de pierre nécessitant sa réfection pour la moitié lui appartenant. Il décide, comme doit le faire Maresché pour sa moitié, de remplacer la chaussée en vieux pavés par une chaussée en cailloux ( 1/2 gravier et 1/2 grès siliceux de Ségrie ) avec caniveaux pavés et bordures de trottoirs en granit d'Alençon. Une somme de 500 F (or) est votée et la délibération est approuvée par le Préfet le 11 Avril 1882.
Entre temps, en Janvier 1871, après la déroute du Mans, les Prussiens, n'osant franchir le pont
suspendu (construit en 1846) qu'ils croyaient miné,
envahirent la ville par le vieux pont de pierre, mais furent obligés de sabler la Grande Rue (rue Albert Maignan) pour y faire passer leurs canons.
Le 10 Août 1944, avant de fuir devant l'armée du Général Leclerc, les troupes allemandes minèrent le pont suspendu et firent sauter l'arche centrale du vieux Pont Roman. Pour permettre aux habitants de la Croix Verte de venir se ravitailler à Beaumont, une équipe de jeunes, le 11 Août 1944 au matin établirent une passerelle provisoire avec des poteaux électriques " empruntés" à "Maine Anjou", ancêtre de l'EDF. Les Américains établirent un pont métallique provisoire pour faire passer leurs premières troupes blindées en attendant que le gué soit renforcé pour une utilisation permanente.

La réfection de l'arche ainsi mutilée fut rapidement menée, mais cet à-coup avait été très préjudiciable à la solidité de cet ouvrage sur pilotis qui avait défié les ans et les eaux. Les travaux importants et sérieux dont il a été l'objet permettront à de nombreuses générations de l'utiliser et de l'admirer.
D'après L. Besnard ancien curé de Beaumont 1885 - 1917
Article de : Jean Marie Foussard
Le pont Roman vu du grand pont
Le pont Roman en bas de la rue Albert Maignan

La Sarthe et ses lavoirs aux écourues

Le pont roman vu côté villa Le colinet
( en face la rue Albert Maignan )

Le vieux Château de Beaumont vu du pont Roman
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