Le nom de nos rues et places

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Les personnalités qu'elles honorent

-  Bulletin municipal 2010 / 2011  -

Armoirie

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      Vous allez retrouver, j'espère avec plaisir, quelques notes d'histoire locale de Jean Marie Foussard Maire Honoraire de Beaumont. Dans son introduction il nous précise que, si quelques figures Belmontaises célèbres ont déjà été évoquées dans les différents Bulletins municipaux précédents, . . . . . .  depuis la population s'est renouvelée, une génération est passée, et certains noms sont quasi inconnus pour de nombreux habitants. . . . . Alors prêt pour un voyage dans le temps . . . . séquence souvenirs.

 

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Henri de Navarre

-  né à Pau le 13 décembre 1553 assassiné le 14 mai 1610 à Paris  -

À l'origine, vers le milieu du Xeme   siècle, Huges 1 er devenu comte héréditaire du Maine, choisit, pour l'aider dans l'administration de la Province un lieutenant qui fut appelé vicomte. Dans les anciennes chartes ces premiers seigneurs sont toujours appelés Vicomtes du Mans ou du Maine. Ce n'est que plus tard qu'ils prennent le titre de Vicomtes de Beaumont. C'étaient de puissants seigneurs qui se font remarquer sur les champs de bataille par leur bravoure et en temps de paix par le souci de la justice envers leurs vassaux et la fondation de nombreux monastères. Ils deviennent successivement seigneurs de Fresnay, Sablé, La Flèche, Le lude, Ste Suzanne, Château-Gontier, etc.

Il y a plusieurs lignées de Vicomtes de Beaumont, chacune s'éteint par l'absence d'héritier mâle. Se succédent ainsi : les premiers Beaumont, les Beaumont-Brienne, les Beaumont-Chamaillard, les Beaumont-Alençon, dont le dernier descendant mâle est Charles d'Alençon, époux de de Marguerite d'Orléans, sœur de François 1er. Il meurt à Lyon en laissant ses biens à sa sœur Françoise, qui avait épousé, en 1513, Charles de Bourbon, Comte puis Duc de Vendôme. Celui-ci mourut à Amiens, en 1536 et sa femme Françoise obtint de François 1er en 1543 l'érection de la vicomté en Duché de Beaumont, pour elle et ses successeurs, mâles et femelles.  ( Charles d'Alençon et Françoise d'Alençon sont les enfants de Marguerite de Lorraine statue église de Beaumont )

120px-henry_iv_of_france_2Son second enfant, Antoine de Bourbon, Duc de Vendôme et de Beaumont, épousa en 1548 Jeanne d'Albret,jeanne-albret

Reine de  Navarre. Leur premier fils fut Duc de Beaumont, mais il ne vécut que 26 mois. Ce titre passa donc à leur second fils Henri qui, dès sont enfance, était appelé Prince de Béarn et Duc de Beaumont. Antoine de Bourbon son père étant mort aux Andelys le 17 novembres 1562, Henri devint Roi de Navarre et Duc de Beaumont Il n'avait que 9 ans et quelques mois.

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←   Henri de Navarre                                Jeanne D'Albret →

Peu de temps après Jeanne d'Albret, tutrice du jeune roi, le conduit dans ses domaines pour faire acte de souveraineté. Il vient donc probablement à cette époque à Beaumont. Ce que nous connaissons avec certitude c'est son séjour dans notre ville du 13 au 15 Février 1576 lors de sa fuite de la cour de Charles IX, preuve la lettre qu'il écrivit aux échevins du Mans, leur demandant humblement la permission de passer par leur ville, et l'obligation signée par le prince devant les notaires de Beaumont pour le prêt de 500 écus au roi de Navarre par le Sénéchal de Beaumont, Mathurin de Courbefosse.
Après l'assassinat de Henri III, Henri de Navarre devint Roi de France sous le nom de Henri IV en 1589. Ce fut le dernier Duc de Beaumont car, malgré le vif désir du Roi de conserver à titre personnel les biens attachés à ce titre, le parlement s'y opposa formellement et exigea qu'ils rejoignent le domaine royal ( 1607 ).
Le conseil municipal de Beaumont désirant honorer le plus illustre descendant de ses anciens seigneurs donna, le 30 octobre 1985, le nom de « Henri de Navarre » à l'une de ses plus importantes artères.

Le peintre  Albert Maignan

( 1845 - 1908 )
150px-Photographie_d'Albert_MaignanNé le 14 Octobre 1845 à Beaumont -le-Vicomte, ondoyé le 15 octobre 1845, suppléments aux cérémonies du baptême le 16 avril 1846. Son père,pss1   Pierre François Prudent né le 20 mai 1811 à Mamers et marié à Souligné-sous-Ballon le 27 février 1843 à Delphine Renée Blin, née le 6 octobre 1822 à Souligné-sous-Ballon, était notaire à Beaumont, rue St Jacques . Albert Maignan fait ses études de droit à Paris.
En 1875, il fait un premier voyage à Venise qui a une grande influence sur la direction artistique qu'il pend par la suite.
Ses œuvres sont nombreuses et variées : Frédéric Barberousse aux pieds du Pape - Louis IX console un lépreux - le Christ appelle à lui les affligés - Dante rencontre Mathilda - les voix du tocsin - la naissance de la perle - Carpeaux - décoration de l'opéra comique - cartons de tapisserie pour les Gobelins - plafond du restaurant « Le Train Bleu » à la gare de Lyon, etc. Les nombreuses toiles qui ornent le grand salon du SENAT, au Palais du Luxembourg ( construit par Marie de Médicis épouse de Henri IV ) ont été éxécutées selon les cartons d'Albert Maignan et portent sa signature.A.Maignan02
Il a également composé 10 cartons pour verrières représentant les principales scènes de la vie de Jeanne d'Arc, et « la prise des tournelles » a été exécutée en vitrail. Exemple à droite détail de vitrail de l'église St Martin à Parcé sur Sarthe ( 1901 )-

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Des reproductions de ses œuvres, signées de sa main, sont exposées dans une des salle de réunion de la mairie de Beaumont : panneau décoratif exécuté pour l'exposition universelle de 1900, ainsi que « le Réveil de Juliette », « carpeaux » et « les voix du tocsin ».
Nous avons un beau tableau d'Albert Maignan à la Chapelle de la maison de retraite « Clinchamp-Délélés », don personnel de l'artiste. Sur le tableau, le peintre a inscrit : « Régina sine labo concepta »  . . . . ( « à la reine ( la Vierge-Marie ) conçue sans tâche »).
Chevalier de la légion d'honneur en 1879, officier en 1895, Albert Maignan est décédé le 29 septembre 1908 dans la commune de Saint Prix ( Val d'Oise ).A.Maignan01
Une rue de Beaumont porte son nom depuis le 2 juin 1898, qui longe une partie de sa maison natale et qui s'appelait la Grande Rue, après avoir évoqué Saint André. Il existe une rue Albert Maignan au Mans.

    Les trois Photos représentent le plafond du restaurant "Le Train Bleu "  gare de Lyon à Paris. 
Si vous passez gare de Lyon, faites un détour . . . .
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Le Docteur Louis Drouin

DSCF0632Le Docteur Louis Arsène Marie Drouin, dont le petite place près de l'église porte le nom, exerça la profession de médecin généraliste à Beaumont, rue Jégou puis avenue d'Alençon pendant près de 30 années, jusqu'à sa mort quasi subite, le 17 février 1908 à 56 ans. Il était né, en  effet, à René le 3 février 1852 de Alexandre et Louise Lemaitre, s'était marié le 3 février 1883 à Fresney-lePuceux, dans le Calvados, avec Lucie Marie Delafontaine, dont il eut 2 enfants, Paul le 24 décembre 1883 et Louise le 5 février 1891. Tous ses malades, ses confrères et jusqu'aux sommités médicales du département, louaient ses mérites et son dévouement, aussi jouissait-il d'une grande popularité.
Entré au conseil municipal le 1er février 1891, il fut élu Maire de Beaumont le 12 mai 1896 et le demeura jusqu'au 28 octobre 1903.DSCF1782
Durant ses mandats de Maire, de gros investissements furent réalisés. Les travaux les plus importants furent la construction d'égouts dans toutes les rues du centre-ville et de la place des halles pour ramener vers le viel aqueduc en pierres de la Grande Rue les eaux usées et les eaux de pluie dont le ruissellement en surface causaient de gros dommages
à la population surtout par temps d'orage. Conséquemment il fallut remettre en état ces rues et place et un plan d'ensemble permit l'amélioration de toute la voirie urbaine et l'entretien de la voirie rurale.
Il s'intéressa beaucoup aux écoles, y construisant notamment un préau, un dortoir-réfectoire à la salle d'asile, fondant la bibliothèque populaire et instituant les cantines scolaires.  C'est sous son administration que fut construite l'ancienne salle des fêtes sur la Halle, en septembre 1896 - que fut inauguré le 2ème pont suspendu le 16 avril 1899 - que fut installé, après études, l'éclairage public de la ville au gaz acétylène en remplacement des vieux réverbères à lampes à pétrole - que fut accepté le legs Louatron ( 13 avril 1897 ) au bénéfice des écoles et des enfants indigents - que notre vieux Château fut vendu le 7 juillet 1901 à Mr Florentin, officier de paix parisien en retraite, qui en fit restaurer le gros œuvre et y construisit le pavillon style Renaissance à la place de l'ancienne prison.
Elu Conseiller Général de 1894 à 1898 il se fit remarquer par sa perspicacité et la netteté de son jugement.
Doué d'une prodigieuse activité, il employait les rares loisirs que lui laissait sa profession à s'occuper des questions agricoles pour lesquelles il montrait une véritable passion. Il est vrai qu'il exploitait lui-même les terres qu'il possédait à Beaumont et à Rouez-en-Champagne, faisant de la culture et de l'élevage.
Il lui était reconnu une rare compétence qu'il aimait améliorer en développant ses connaissances, notamment de méthodes nouvelles de production. Il faisait des expériences dans ses propriétés , exemples dont les cultivateurs pouvaient discuter avec lui et en retirer profit. Il créa et présida une commission des champs de démonstration et d'expériences dans le même but : l'amélioration de la production agricole.
C'est le 19 décembre 1934 que le Conseil Municipal de Beaumont décida de donner le nom de « Docteur Louis Drouin » à cette petite place longeant l'église et qui en plusieurs étapes, prit en 1996 son aspect actuel.

Gustave Charles DUFOUR

Si le nom de Dufour fut courant durant le XIX ème siècle au sein du Conseil Municipal puisque 4 Dufour y siégèrent, dont Louis comme maire, celui qui retient notre attention de prénomme Gustave-Charles, né le 1 er février 1824 à Beaumont de Charles -Jean - François et de Marie-Félicité Berger, il exerça la profession de receveur de l'enregistrement à Beaumont, avenue d'Alençon, ou se trouvait son habitation et le bureau de son administration, où il est décédé le 10 octobre 1876.
Il fut élu conseiller Municipal le 23 juillet 1865 et y resta jusqu'à son décès. Célibataire, il légua sa maison estimé à 8 000 francs de l'époque, à l'hospice par acte en date du 20 août 1876.
Le conseil Municipal ce legs par une délibération du 17 décembre 1876. C'est seulement sans sa séance du 14 août 1907 que le Conseil Municipal décida de donner son nom à la Place de la Chapelle « Notre-Dame de Pitié » ayant d'ailleurs été démolie en 1902 car menaçant ruine.

Maximilien Gaisneau

Né à Beaumont le 15 février 1838 de Maximilien-René, bourrelier et Anne Françoise Plet, Monsieur Maximilien Gaisneau fut élu au conseil Municipal le 15 mars 1891 comme propriétaire. Il était devenu veuf de Marie-Louise Hourdet le 8 mars 1873. Elu adjoint le 15 mai 1892 il fut renouvelé dans cette charge du 6 mai 1894 au 15 mai 1896.
Elu Maire le 28 octobre 1903 pour une courte période jusqu'au 15 mai 1904, il retrouvera son siège le 28 octobre 1906 et le conserva jusqu'au 19 mai 1912, redevenant simple conseiller jusqu'à son décès.
Durant ses mandats il s'évertua surtout à gérer et à entretenir, que ce soit les écoles, l'hôtel de Ville, les chemins ruraux et vicinaux, les salles et propriétés de la commune, l'Hospice et le bureau de bienfaisance ou la matériel des pompiers.La Place Notre-Dame fut restaurée, le cimetière nivelé, le Lombron curé, le Vieux Pont réparé, l'éclairage public prolongé rue de la Gare . . . . et des urinoirs installés prés de la Mairie et de la Motte. Enfin une école ménagère ambulante vit le jour et le problème de la jouissance de l'église et des objets du culte, suite à la séparation de l"Eglise et de l'Etat, fut réglé.
Monsieur Gaisneau, avant de s'éteindre le 9 Janvier 1913 dans sa maison de l'avenue d'Alençon, avait rédigé un testament olographe, reçu par Maître Beauvais notaire à Beaumont, faisant la ville de Beaumont sa légataire universelle au bénéfice des Ecoles, testament accepté le 13 février 1913. Ce legs comportait sa maison et la ferme du conilet à Ségrie.
Le 9 juillet 1919, le conseil décida de donner à la « rue d'Orne » le nom de « rue Maximilien Gaisneau » bienfaiteur de la commune.

Auguste Louatron 

De ce Belmontais, propriétaire, habitant rue du Repos, nous n'avons que des renseignements succincts sur sa vie. Nous savons qu'il était né le 5 mai 1838 à Beaumont de Louis François et de Madeleine Letessier, qu'il avait  épousé en 1880, probablement en second mariage, Louise Alexandrine Denis, née le 11 juillet 1842, décédée à Beaumont le 29 janvier 1894. Tous deux restent  sans postérité.
Nos archives municipales nous révèlent que son nom fut donné par le conseil, le 14 août 1907, la rue ou il résidait, en reconnaissance pour le don de ses biens à la commune, après son décès survenu le 31 octobre 1897.Ce leggs établi au profit de la caisse des écoles par testament olographe en date du 13 avril 1897, déposé auprès de maître Joubert, notaire à Beaumont,et accepté, le 1er décembre 1897, a été révélé en détail sur le bulletin municipal de 206 - 2007 qui reprenait un article du " bordager " transmis par J-P Hamme. D'un montant d'environ 70 000 francs, ce fut une aubaine pour nos écoles publiques.

Docteur Jean Madelaine

Le Docteur Jean Constant Marie MADELAINE était né le 25 juin 1885 à Beaumont de Constant Louis François, pharmacien, et de Péan Eugénie Marie, mariés au Mans le 8 décembre 1883, et avait pour aïeux Constant Eugène Maître - maçon à St Aubin-de-Locquenay et Péan Eugène Joseph, inspecteur primaire. Ayant poursuivi de brillantes études médicales au début du XXème siècle, il fut reçu docteur en médecine, tout comme son frère cadet Jacques. Aussi en 1914, au début de la 1ère guerre mondiale, il fut mobilisé comme aide-major et fit preuve au front d'une conduite des plus brillantes qui lui valut de nombreuses citations, tant en juin 1915 qu'en juin 1916 devant Douaumont, alors qu'il avait été affecté, sur sa demande, au régiment des Tirailleurs Marocains.DSCF0622
Il avait vécu avec cette troupe d'élite des heures glorieuses et tragiques et, dans ce milieu où on s'y connaissait en bravoure, il avait forcé l'admiration de ceux dont il partageait les dangers.
N'avait-il pas vu par deux fois, alors qu'il pansait des blessés, éclater des obus tout près de lui et recevoir, morts dans ses bras, ceux qu'il soignait. Il fut fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 28 Octobre 1918.
Après la terrible saignée de Verdun fin 1916, son bataillon fut relevé et rentra au Maroc sur les confins algéro-marocains où rodait la révolte. Lors des assauts sur le poste de Djihani, le bordj fut pris et le Docteur échappa seul au massacre avec quelques indigènes. 
Volontaire quelques temps pour un poste dans le Tafilalet il intégra ensuite l'Hôpital indigène de Marrakech comme médecin. Souvent il s'échappait pour parcourir le bled en quête de malades à secourir, de pauvres à soulager. Eminent praticien, il tentait d'arracher aux épidémies les plus déshérités. Il fut un des premiers médecins qui soient allés pratiquer leur art dans la montagne berbère. Mais en outre, il a présidé, avec une grande autorité, pendant plusieurs années, la section agricole de la chambre mixte de Marrakech. En 1927, il quitta la capitale du Sud pour prendre à Demnat une poste de médecin de terrain.
C'est en rentrant chez lui en auto qu'il est entré en collision avec un camion le 10 décembre 1930. projeté à plus de 6 mètres, il est mort il est mort le lendemain. Il était alors veuf et laissait son fils qui embrassa lui aussi la carrière médicale. « L'écho du Maroc » écrivait « avec le Docteur Madelaine disparait l'une des plus belles figures marocaines ». Nul ne saura le nombre infini de misères qu'il se fit un plaisir et un devoir de secourir. Nul ne saura les larmes que  la nouvelle de sa mort a causé sur cette terre africaine qu'il combla de son dévouement.  

Article de MR Jean Marie Foussard
Maire Honoraire 



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