Les défenses de Beaumont . . .

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Les défenses de Beaumont . . .

Tout d'abord La Motte.

Appelée généralement " La Motte à Madame ", elle porta longtemps le nom de " Motte de Bois Richard " car faisant partie d'un petit fief consistant dans la Motte de Beaumont et ses dépendances ainsi que le droit de pêcher dans la Sarthe.  ( Voir en fin d'article l'acte de donation ainsi que le plan )

Peut-être existait-elle déjà au temps des Gaulois et constituait elle un de ces tumulus sur lesquels on offrait des sacrifices et où l'on enterrait les chefs. Peut-être, après tout, renferme t' elle des trésors historiques.

A coup sûr, elle constituait une butte de terre naturelle comme il n'est pas rare d'en rencontrer et comme on aperçoit d'ailleurs son pendant à la Motte de Chaligné, à l'extrémité ouest de la ville. Alors peut-être a-t-elle été utilisée par les gaulois comme nous venons de le dire.

Peut-être aussi a-t-elle été employée au IX ème et X ème siècles comme moyen de défense contre les invasions des Normands, ainsi que l'avait demandé Charles-le-Chauve aprés 873. En effet, lorsqu'il eut chassé d'Angers ces pirates qui, en 853, avaient pénétré en Anjou et qui remontaient fréquemment la Sarthe et la Mayenne, exerçant maints ravages sur leur passage, Charles-le-Chauve ordonna aux populations de ces régions de construire des Châteaux forts sur les principaux points stratégiques du territoire.

C'est alors que fut élevé à Beaumont le premier château fort. Etait-ce au sommet de la Motte un château très primitif entouré de palissades de bois tout en haut, avec un donjon ou tour carrée en bois suivant les données de la célèbre tapisserie de Bayeux, qui date du temps de Guillaume le Conquérant et suivant le type classique des premiers Châteaux du Centre et de l'Ouest aux abords de l'an 1000, c'est fort possible. En ce cas, il est assez facile d'imaginer le travail qui aurait été accompli à cette époque. Autour de la butte naturelle beaucoup moins élevée que la Motte actuelle, on aurait creusé d'immenses fossés jusqu'à la profondeur de la nappe d'eau qui se trouve à mi côte en descendant vers la rivière, puis on aurait remonté sur la Motte déjà existante toute la terre enlevée de ces fossés et tout en haut on aurait construit un château en bois suivant le type que nous avons décrit.

Plus tard, au X ème ou XI ème siècle, après la construction du château actuel, lorsqu'on entoura la ville d'un mur d'enceinte protégé vers l'extérieur par de marges fossés, et lorsqu'on creusa les souterrains et les égoûts à l'intérieur de la ville, on aurait comble les fossés du premier château avec les terres enlevées, et ce terre-plain serait devenu l'emplacement des Promenades actuelles.

Il est tout aussi possible qu'un premier château fort ait été construit à l'endroit du château qui subsiste encore et il est encore possible et même probable que la château, qui fut défendu par Hubert-de-Beaumont et assiégé Guillaume-le-Conquérant, futur roi d'Angleterre, et changea plusieurs fois de mains, a été celui que nous voyons aujourd'hui, il appartient à la famille des premiers donjons en pierre de forme rectangulaire ou carrée comme ceux de Beaugency, Loches, Nogent le Rotrou et Cournemant, sur la commune de Rouez en Champagne, et même à la famille des donjons normands de et de Ste Suzanne.

Si l'on venait à établir que sa construction est plus récente - de la fin du XI ème siècle, par exemple- il serait naturel de penser que Hubert, le vaillant  défenseur de notre Pays contre les normands et les Anglais en aurait rapporté l'idée de son séjour à Ste Suzanne, lorsqu'il quitta son château de Beaumont, pour aller s'enfermer en celui de Ste Suzanne et soutenir glorieusement un siège de trois années contre les armées de Guillaume le Conquérant, mais l'importance accordée à la Place de Beaumont et les sièges qu'elle eut à soutenir portent bien plutôt à croire que le château remonte à la première moitié du XIème siècle.

Voir le plan du donjon de Beaumont :

Plan du donjon de Beaumont

 

Il se présente sous la forme d'un quadrilatère irrégulier de 33 mètres de long sur 22 mètre de large, le côté Nord ayant 2 mètres de plus que le côté Sud. Il montait à 30 mètres environ au-dessus du niveau de la rivière. les murs, qui ont été conservés, s'élèvent encore à 20 mètres : ils ont de 2,50 mètres à 3,30 mètres de large.

Seul l'angle Nord est flanqué d'une tour ronde en maçonnerie. Une cour intérieure, avec puits profond au milieu, a été transformé en jardin. Il n'était pas très vaste; aussi ne pouvait-il comprendre que l'habitation du Seigneur et le logement d'une petite garnison avec les caves et les celliers pour l'approvisionnement. Mais à l'Est, de l'autre côté de la tour, se trouvait la baille, mentionnée expressément dans  un document du XV ème siècle,aux Archives de la Sarthe.

"La baille comprenait les communs du château avec les écuries. Elle a aussi été transformée en Jardin étayé par un mur de soutènement très imposant du côté de la rivière. La baille constituait elle-même une sorte d'avant-poste fortifié qui protégeait le château"

A la fin du XVII ème siècle, dans l'enclôture à l'un dec ses bouts, fut construit un " apenty qui servit de prison et de logement au geôlier, composé d'une salle basse, une petite chambre à coté où l'on retire les prisonniers, une petite chapelle au bout et deux cachots au derrire; au premier étage, il y a deux chambres hautes et grenier dessus couvert de tuiles et le surplus de la dite place est en cour et jardin sur laquelle il y a un puy " Archives de la Sarthe. C'est sur l'emplacement de cette construction du XVII ème siècle qu' a été bâtie la maison renaissance que l'on remarque aujourd'hui.

Devant la nécessité de se défendre surtout du côté Nord, vers Alençon, une enceinte de murailles fut élevée pour encercler le plus grand nombre d'habitations. Partant du château, elle remontait en suivant en suivant la route du Mans jusqu'à une centaine de mètres, puis tournait à droite dans la direction de la Porte ST André, à la hauteur du 8 et 11 rue Maximilien Gaisneau, passait par les jardins de la rue du bercail, et regagnait la Porte ST Joseph au carrefour des rues Bourgeoise, du Bercail et de Paris, puis traversait les jardins dans la direction du nouveau bâtiment ANAÏS.

Les fondations de ces murailles ont été retrouvées dans toute leur épaisseur lors de la construction de la partie du Pensionnat Sante Thérèse rénovée en 1934-1935, et les ouvriers qui ont travaillé à les entamer y ont émoussé plus d'une pioche.

Cette enceinte laissait la Motte à 40 mètres environ au dehors et revenait au château de l'Est à l'Ouest, parallèlement à la Sarthe, à mi-côté de la colline, dans la direction des rues de la Tannerie et du Moulin. On le retrouve encore assez bien conservée dans le jardin du presbytère . Elle avait de 2,50 mètres à 3 mètres d'épaisseur. Entre la Motte et le château, elle comportait à l'intérieur une galerie recouverte de pierres plates par où l'on pouvait aller et venir d'un point à l'autre.

Les fossés avaient encore, en 1707, six toises de largeur à l'orifice, soit prés de 13 mètres " ( procés verbal et montrée du 25 août 1772 - Archives de la Sarthe.

Jean Marie Foussaard

La Motte de Bois Richard

dite " LA MOTTE A MADAME

 

Texte de donation à la Ville de Beaumont en 1818  par le Comte de FAUDOAS, Chevalier de   l'Ordre de Malte.

Il est à remarquer que MONSIEUR DE FAUDOAS a voulu protéger les intérêts de la ville.

En effet, il est spécifié notamment dans l'acte :

1 - Que les jardins situés au midi et longeant la grande vallée, s'exploitaient avec civières roulantes seulement.

2 -  Que Monsieur de Faudoas se ré"serve le droit de faire construire un mur dans ses jardins afin de les séparer de la grande vallée, sans pourtant entamer ou endommager les plantations de l'allée.

Le mur sera au niveau de l'allée et les habitants de Beaumont pourront l'élever au-dessus de terre, à la hauteur d'un mur d'appui.

3 -  Que si Monsieur de Faudoas fait construire le mur dont est cy-devant parlé, il restera chargé de l'entretenir à perpétuité de toutes réfections et réparations,  excepté pour la partie qui pourra être exhauussée au-dessus du sol, dont l'entretien restera à la charge des dits habitants.

 

En examinant le plan ci-dessous, datant de 1818, vous remarquerez que les plantations existaient sur l'esplanade de la Motte, et qu'il n'y avait pas  de communication entre la Motte et la Place des Halles. La rue des promenades n'a été percée qu'après la donation; La Motte se trouvait donc à l'extérieur de la ville.

Le monument de Monsieur de Faudoas a été érigé au fond des promenades, comme il était indiqué dans l'acte.

 

Plan de l'esplanade de la Motte

 

 

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