LES CLOCHES DE L' EGLISE NOTRE DAME

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LES CLOCHES DE L'EGLISE DE BEAUMONT.

Les plus anciennes cloches de l'église de Beaumont dont fait mention l' Histoire , sont celles qui furent détruites par les Huguenots en 1562, lorsque, ayant pris la ville d'assaut,, ils passèrent huit habitants au fil de l'épée, mirent le feu aux principales habitations, aux halles et à l'église.

Les cloches fondirent alors dans l'embrasement général. Elles étaient au nombre de trois depuis que l'Abbé Fourny, curé de Beaumont, par son testament du 22 Mai 1503, avait laissé une somme pour l'acquisition d'une troisième cloche.

Ce ne fut que dix après l'incendie que l'on acheva la réparation de l'église et la reconstruction du clocher. Mais un clocher sans cloches est un corps sans âme et 1573, Pierre de Fontay, fondeur de cloches, fut chargé d'en fondre une petite de 209 livres ( la livre équivaut à environ 489 grammes ) portant le nom du donateur, François de Langlée. Vingt ans après, en 1594, le curé Jean Mabon en fit fondre une deuxième pesant 840 livres, portant l'inscription Sancte Andrea. Enfin, une troisième cloche pesant 1320 livres fut fondue en 1636.

Autrefois, les cloches étaient toujours fondues sur place par des entrepreneurs qui allaient de paroisse en paroisse. Mais le coulage des cloches était environné d'obstacles et de difficultés, et les conditions étaient très onéreuses. Les fondeurs s'engageaient à fournir du métal moyennant un prix débattu et laissaient  à la paroisse , tous les frais de construction du fourneau, de son chauffage, de la nourriture et du paiement des manœuvres.

Le fond du fourneau était façonné en pierre de taille, les côtés faits de briques enduites de terre glaise. La cheminée du fourneau se fermait par obturateur qui permettait de régler le tirage. Le foyer possédait une grille de fer pour déposer le combustible. Des bandages de fer renforçaient les parois du fourneau. on activait la chaleur supportés par des chevalets de bois.

Le moule de la cloche était façonné en terre glaise mêlée de poils de veau pour lui donner plus de consistance. Il était divisé en deux parties : le moule intérieur et le moule extérieur appelé chape de la cloche. Lorsque le moule était séché au feu, ensuite il était enterré au dessous du fourneau dans une large fosse que l'on remplissait de terre franche pilée tandis que des soupiraux permettaient le dégagement de la vapeur occasionnée par l'introduction du métal en fusion dans le moule rempli de graisse et de suif.

Les inscriptions, exécutées d'abord en cire et en relief, se reportaient en creux sur la chape pour se reproduire en dernier lieu sur la cloche.

La seconde cloche, fondue en 1594 fut cassée le 2 décembre 1748, surtout par le défaut du battant dont la poire, trop ronde, ne frappait qu'en seul point. Comme la courroie s'était allongée, le point concerné se trouvait au bord inférieur de la cloche, partie la plus fine et la plus fragile.

L'assemblée des habitants, convoquée le 30 mars 1749, décida de refondre les 3 cloches et d'en augmenter le poids afin qu'elles soient plus belles et plus concordantes.

Jean-Baptiste Bollée, ancêtre des célèbres industriels manceaux, fut chargé de ce travail et de la fourniture du métal supplémentaire nécessaire.

On creusa un fourneau sur le milieu de la place des Halles à l'Est de l'ancien puits dénommé « puits doré ». lorsqu'il fut prêt et que les moules furent secs, le clergé procéda à la bénédiction du métal le 18 juillet 1749 en présence de toute la population et le lieutenant général mit le feu fourneau. Le métal refroidi, les cloches furent sorties de leurs moules, transportées à l'église et suspendues sous le clocher pour être bénies le 20 juillet.

La première portant les noms de Saint André et de saint René, pesait 1369 livres et eut pour parrain René Mans, Sire de Froullay, comte de Tessé, Vicomte de Beaumont, Grand d'Espagne, Grand Ecuyer de la Reine.

La seconde, prénommée Marie pesait 1022 livres et eut pour marraine la mère du précédent, veuve du colonel de Tessé, mort pour la Patrie au siège de Prague, en Bohème.

La troisième, appelée Elisabeth-Madeleine, pesait 735 livres.

Le 25 juillet, elles furent placées dans le clocher et furent sonnées au vol par le Procureur du Roi, le Procureur de Fabrique et le Procureur Syndic.

Dans le mois suivant, le sieur Bollée et ses associés fondirent, dans le même fourneau, 7 cloches d'une même coulée : 2 pour l'église de Vivoin, 2 pour celle de Chevaigné, 2 pour Rouessé et 1 pour la chapelle du Prieuré d'Oizé.

En juillet 1772, lors de la visite du Seigneur de Beaumont et de l'Evêque du Mans, les cloches sonnèrent toute la soirée. La courroie en « cuir de Hongrie » maintenant le battant s'était allongée, la grosse cloche fut fêlée dans toute sa hauteur. L'Assemblée des habitants choisit les commissionnaires chargés de tout ce qui concerne la refonte de la cloche, opération mis en adjudication au rabais. Ce fut Jean-Baptiste-Félix Bollée fils de Jean-Baptiste, à qui l'on confia finalement la refonte des 3 cloches, avec augmentation du poids, grâce à l'aide de Me Yvard, curé de Beaumont.

Comme en 1749, on creusa, sur la place des halles, un fourneau situé à l'Est du puits doré et le lundi 20 septembre 1773 à 10 heures fut béni le métal, en présence de la plupart des habitants qui, pendant la fonte jetaient des pièces d'argent dans la fournaise.

La grosse cloche nommée Abdré-René pesait 1720 livres, la 2ème nommée Madeleine-Adrienne en faisait 1237, et la 3 ème d'un poids de 875 livres fut nommée Marie. Sur chacune d'elles il y avait en relief, avec leur nom, l'écusson des armes des familles de Tessé et de Noailles, gravé par le sieur Fromentin, dit Duclos, menuisier en notre ville.

Les battants des anciennes cloches furent réutilisés, après les avoir reforgés, mais ils furent suspendus au fond de la cloche avec une bande de fer afin qu'ils ne puissent plus descendre et frapper la cloche dans la bordure et la casser.

En 1793, suite à une circulaire du Département du 8 novembre 1791, les 2 plus petites cloches furent descendues du clocher pour les envoyer fondre à la Monnaie afin d'en faire des canons, alors que la grosse fut conservée seule dans le clocher jusqu'en 1836, date à laquelle elle fut fêlée dans presque toute sa hauteur.

Le Conseil de fabrique, depuis le décret du 3 décembre 1809, portant sur la réorganisation de la gestion des paroisses, prenait les décisions concernant les biens paroissiaux. Il se réunit le 10 septembre 1836 et décida la refonte de la cloche dans les brefs délais. Pour compenser la perte de métal, il exigea que le Timbre de l'horloge, qui,pesait 80 kg, fut descendu et son métal réuni à celui de l'ancienne cloche, l'horloge devant désormais frapper les heures sur la grosse cloche.

Cependant, Monsieur Hardy curé de Beaumont, désirait vivement une seconde cloche, pour donner plus de solennité aux offices religieux. Il fit une collecte chez tous les paroissiens et ainsi, le sieur Cancel, fondeur en Haute-Marne, reçu commande de deux cloches en accord. Il établit son fourneau à la bute de Sées dans une carrière située dans un champ appelé « Les pendants » et y fondit le 3 avril 1837 les deux cloches commandées : - André, de 1801 livres, qui eut pour parrain Monsieur Louis Dufour, maire de Beaumont et pour marraine, Marie Lancelin, propriétaire. - Marie, de 1314 lives dont le parrain fut Monsieur Hardy, curé de la paroisse et la marraine Victoire Louis Constance Pichereau-Berthelière.

La plus grosse fut encore cassée en 1856 à la Toussaint, et le curé l'Abbé Delaunay la fit refondre par Monsieur Bollée, fondeur au Mans en juillet 1857. Le parrain en fut le Dr Mouette, maire de Beaumont et la marraine Madame Julie de Clinchamps de Lelés, fondatrice de l'Hospice. C'est§ pourquoi, la cloche reçut le nom de Julie et sonne la note la plus grave de notre carillon.

Il fut question en 1860, de compléter cet ensemble harmonieux par une troisième cloche d'environ 445 kg mais les discussions  n'aboutirent pas. Par contre le 10 février 1853, le conseil municipal décida l'acquisition auprès de Monsieur Gourdin, mécanicien à Mayet, d'une nouvelle  horloge et d'un timbre de 241 kg.

L'horloge fut posée dans la première quinzaine d'août 1853 et commença à marcher le 18 du même mois. depuis cette horloge, dont le mécanisme a été conservé, a été remplacée par une horloge à commande électronique en juillet 1995. Le timbre avait d'abord été placé trop bas, presque au dessus du cadran et l'on se plaignit bientôt de ne pas entendre sonner les heures.

Monsieur Chaise-Martin, maire de Beaumont ( 1853 - 1856 ) le fit placer haut sur le clocher, à l'endroit où il se trouve actuellement, annonçant aux Belmontais la marche du temps depuis près de 150 ans.

 

Article de Jean Marie Foussard

Maire Honoraire

 

 

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