Théâtre au collège de La Flèche ( 1603 - 1761 )

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7  -  PETITE HISTOIRE DU THEATRE SARTHOIS


Théâtre au collège (La Flèche 1603 -1761) par Laure DELANNOY

. . . . Aujourd’hui une petite incursion au collège des jésuites de la Flèche (Le Prytanée actuel) : en ce lieu depuis sa fondation en 1603 (dès 1604, il accueillait 1200 élèves !) jusqu’à l’expulsion des jésuites de France en 1761, il y eut du théâtre, du vrai. Car dans leur programme éducatif les jésuites incluent le théâtre : loin de le condamner comme le font les dévots tout au long du 17ème siècle, ils pensent que celui-ci peut avoir une fonction formatrice et éducative tout en procurant aux élèves occupation et distraction ; ces derniers le pratiquent tout au long de l’année, en se frottant à l’art de la déclamation, de la musique, du chant et de la danse avec des maîtres qui les encadrent.

. . . . C’est un théâtre essentiellement déclamé -en latin au départ- avec musique, chant et danse (en somme un vrai “spectacle total”) sur des sujets (“argumenta”) très divers, non seulement religieux, mais historiques, mythologiques, allégoriques, moraux... C’est ce qu’on constate en consultant les programmes des spectacles joués dans les établissements des jésuites sous l’ancien régime : ainsi, à La Flèche, voici ce qu’on trouve entre 1679 et 1700 (certains titres laissent rêveur toutefois : cf en 1680 et 1690) : David roy des bergers (1679), Les arts, les sciences et les armes emploiez par l’hyménée (1680), Romulus (1683), Différent entre Mars et la paix (1684), Les maladies de l’espritet Alexandre le Grand (1688), La Mode (1690), Romulus (1692), Le temple de Janus fermé et La forest enchantée enlevée par Renaud (1698), Les jeux séculaires,Castor et Pollux,Ballet des saisons(1700).

. . . . . Comment se présentaient ces œuvres moins hybrides ? On peut l’entrevoir à partir d’un exemple célèbre : David et Jonathas du Père Bretonneau et de Marc Antoine Charpentier (dont la musique est jouée avec succès par les ensembles ”baroqueux”d’aujourd’hui), oeuvre créée au collège de Louis Le Grand à Paris en 1688, puis jouée et rejouée pendant des années dans les collèges, notamment à la Flèche le 4 septembre 1741 ; s’y trouvent inextricablement mêlées une tragédie latine en cinq actes déclamée (de Bretonneau), une tragédie française chantée en un prologue et cinq actes (de M. A. Charpentier), des symphonies (musique purement instrumentale) et des pièces à danser : 11 actes franco-latins “entrelardés” de pièces de musique et de ballets ; cela laisse rêveur...


. . . . . En tout cas, ces spectacles étaient fort appréciés: deux fois par an (à la Flèche, dans la salle des actes) on invitait les notables de la région qui s’y précipitaient. Un certain Jean- Baptiste Leprince, rapporte Sylvie Granger dans son livre “Musiciens dans la ville 1600-1850” (p.89), à propos d’un voyage qu’il fit à cheval du Mans à La Flèche avec cinq autres manceaux pour aller voir une distribution de prix, tient à noter : “ce spectacle nous intéressa beaucoup, surtout le ballet qui était charmant et fut supérieurement exécuté”.

. . . . . Ils peuvent même, peut-on ajouter, déclencher chez les élèves de vraies vocations  théâtrales (mais là ce n’était sans doute pas le but recherché par les pères jésuites !).Songeons au jeune Léandre, dans le Roman Comique de Scarron, qui “écolier à la Flèche” s’échappa pour devenir jeune premier de la troupe où jouait  la belle Angélique i

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