Construction de Grand Théâtre au Mans au XIX siècle

Envoyer Imprimer PDF

PETITE HISTOIRE DU THEATRE SARTHOIS PAR   LAURE DELANNOY


10 - LA CONSTRUCTION DU GRAND THÉÂTRE DU MANS AU XIX ème SIECLE

. . . . . .Nous voici à présent au XIX ème siècle : la salle de spectacle continue à fonctionner bien sûr mais peu à peu des critiques de plus en plus vives s’élèvent contre cette salle dont “la construction est tellement défectueuse qu’il ne s’y trouve pas une seule place où l’on soit commodément !”, comme le note en 1831 Julien-Rémy Pesche dans son dictionnaire topographique historique et statistique de la Sarthe.

. . . . . C’est qu’au début du règne de Louis-Philippe la ville se développe d’une façon accélérée : il faut construire, aménager, embellir et il faut donc édifier un vrai théâtre (c’est-à-dire à l’italienne).Une procédure est lancée en 1834 : le maire Basse fait mettre en chantier l’ancien terrain des Cordeliers en front de place des Jacobins (la salle de spectacle n’est pas loin, elle est de l’autre côté de la place !) et les travaux commencent à partir de 1838 (pour la petite histoire, on remet aux entrepreneurs de la pierre provenant de la démolition de la tour dite “de ribambelle ”faisant partie de l’ancien château du Mans).L’architecte Delarue édifie alors (coût 310 000 francs) un théâtre à façade néo-classique avec les trois ordres - dorique, ionien et corinthien - superposés ; les grands balcons au 1er étage correspondent au “grand foyer”pour les spectateurs, la façade est imposante, un peu (trop) lourde ; quant à la salle (plus de 800 places, c’est à dire le même nombre que dans la salle de spectacle !) elle est résolument à l’italienne avec naturellement beaucoup de loges sur les 3 niveaux : certes on vient pour assister commodément au spectacle sur scène mais il est tout aussi important de voir les autres spectateurs et d’être vus par eux (les gens “bien”louent du reste une loge à l’année). Ajoutons enfin que la décoration intérieure est due à un artiste parisien Monsieur Ciceri “peintre des théâtres royaux”.

. . . . . En 1842 les travaux principaux s’achèvent et l’inauguration solennelle du théâtre a lieu en mai avec deux soirées : la première à dominante religieuse (on donne le “Strabat Mater”de Rossini : cette musique bien moderne ne fait pourtant pas l’unanimité mais on continue à cette époque à “aimer furieusement”tout ce qui vient d’Italie) et l’autre profane avec “des artistes de la capitale”. Deux directeurs sont nommés alors, l’un pour l’Opéra, Monsieur Combette et l’autre pour le drame, Monsieur Tony Père (car il y aura un peu plus tard un Tony Fils...).

A présent, le grand théâtre du Mans peut fonctionner...        jusqu'en 2009  !


Façades et balcons Théâtre municipal du Mans
Intérieur théâtre à l’italienne

Bulletin N° 13  -  1 Trimestre 2008

Plan du site