PETITE HISTOIRE DU THEATRE SARTHOIS
11 - UN THEATRE MUNICIPAL A SAINT-CALAIS AU XIXème SIECLE (1/2)
. . . . . Dès les lendemains de la Révolution, en occupant une salle de l'ancienne Abbaye bénédictine démantelée en 1791, Saint-Calais se dote d'un espace dédié au théâtre : une simple salle avec une estrade en bois d'environ cinq mètres d'ouverture pour six de profondeur ne possédant qu'une ébauche de coulisses, aucune machinerie et pas de véritables loges, juste une pièce destinée aux comédiens les soirs de représentation. Des aménagements montrent néanmoins une volonté de donner à cette salle la possibilité d'accueillir des spectacles ; même si l'espace scénique empêche de véritables changements de décors, le sol de la salle a été travaillé pour lui donner une légère inclinai- son, afin de faciliter la vue.
. . . . . Dès la fin du XVIIIe siècle est aménagé un “étage” supplémentaire pour le public : une tribune avec quelques dizaines de places plus chères que celles du simple parterre. Dans les années 1840 cette tribune est transformée en galerie avec loges permettant d'augmenter la jauge ; jusqu'à 300 spectateurs peuvent s'installer (contre 100 en 1806). Le lieu ne permet pas d'installer un foyer pour les spectateurs, ni même de véritable vestibule mais les cafés du quartier profitent des entractes... Comme dans la plupart des petites villes administratives la salle de Saint-Calais tient plus d'un espace récupéré pour les représentations que d'un véritable théâ- tre mais l'on sent une volonté de faire vivre ce lieu et de lui donner de l'allure. L’ensemble est petit, l'espace scénique manque d'aménagements mais on apporte dès le début du XIXe siècle un grand soin au décorum : en 1828 le plafond du théâtre est repeint à l'imitation de celui de l'Opéra Comique !
. . . . . Pour les représentations Saint-Calais ne bénéficie pas des circuits officiels des troupes autorisées mais la mairie (toujours gestionnaire du théâtre) laisse jouer nom- bre de troupes itinérantes, familiales qui -hors statut légal- ont le mérite de bien vouloir s'arrêter dans la ville, parfois même pour quelques mois. D'autres formes de soirées ont également lieu : conférences, spectacles de magie, représentations de troupes amateurs.... La programmation de soirées théâtrales proprement dites n'est pas très conséquente (458 représentations entre 1842 et 1948) mais a toujours existé au cours du XIXe siècle et du début du XXe.
. . . . . Le début du XIXe siècle voit passer des spectacles de comédies ou des drames historiques par ces petites troupes ou quelques fois les troupes d'arrondissement qui glissent Saint-Calais dans leur parcours. Le public n'est pas toujours au rendez-vous mais lorsque des représenta- tions d'exception ont lieu le petit théâtre est vite bondé. Si les “tournées parisiennes” sont rares (une seule avant la fin du Second Empire) tout Saint-Calais y assiste : Ainsi la célèbre comédienne parisienne Melle Georges donnera Mérope de Voltaire le 24 novembre 1846 et la presse locale notera que “l'on est assis les uns sur les autres”.
. . . . . . De 1845 à 1880 les soirées en province sont composées de plusieurs pièces alternant les genres : le drame est le cœur du spectacle, entouré de scènes de comédies, vaudevilles en un ou deux actes et parties chantées. Rares sont les représentations de classiques ou de pièces contemporaines qui le deviendront, exceptions faites des textes d'Alfred de Musset et de George Sand qui seront joués dès les années 1850 (François le Champi en septembre 1850 et Claudie la Moissonneuse en août 1851, le premier Caprice de l'amour en mai 1861).
. . . . . Dans les années 1880 la nature des représentations change : plus besoin des autorisations de l'Etat et les troupes parisiennes passent plus souvent lors de tournées en province.
Liselle Heuzard
Sources :
- Jérôme Côme, mémoire maîtrise 2001-2002, Université du Maine
- Paul Peltier, fascicule imprimé en 1889 pour l’inauguration
Bulletin N° 14 - 2 Trimestre 2008
Façade actuelle du théâtre de St-Calais













